Plus rien à faire ? est un collectif créé par la section CFDT Éducation Formation Recherche Publiques de l’Université de Bordeaux.
Ses membres appartiennent à toutes les catégories de personnels de l’université et sont pleinement impliqués dans la vie de l’établissement : en Formation, en Recherche et dans l’ensemble des services, qu’ils soient centraux ou répartis au sein des composantes. Ils partagent un attachement viscéral au service public, portent un regard humaniste et exigeant sur la mise en œuvre des missions de l’université qu’ils souhaitent engagée et responsable, et soutiennent une conception vivante et participative de la démocratie académique.
contact@cfdt-ub.fr
Nos convictions et notre positionnement
Nous pensons qu’il y a beaucoup de choses à faire, beaucoup de raisons pour que chacune et chacun s’engage afin de :
Est-ce que vous aussi vous souhaitez…
Oui ? Rejoignez nous !
Forts de leurs expériences au sein de différentes instances académiques locales, nationales ou internationales, les membres de notre collectif proposent de défendre des idées et propositions d’action dans le champ de la formation, de la recherche ainsi que de la vie institutionnelle.
FORMATION ET VIE ETUDIANTE
- Améliorer les conditions d’étude et de vie et veiller à la santé mentale des étudiantes et des étudiants : porter attention à leur intégration, à la prévention en santé, à l’accompagnement social, à l’accès au logement et à la culture
- Promouvoir une vision de la réussite qui dépasse les seules performances académiques en développant notamment la personnalisation et l’internationalisation des parcours
- Permettre aux étudiants de réfléchir à leurs aspirations, et aux besoins de la société, pour construire une stratégie d’insertion professionnelle qui réponde à la question du sens
- Soutenir des pédagogies innovantes et inclusives, qui favorisent le développement de la confiance en soi pour la réussite de toutes et tous
- Reconnaitre et valoriser les différentes formes d’engagement, qu’il soit associatif, scientifique ou citoyen, comme une composante à part entière de la formation
- Contribuer à l’accès à l’enseignement supérieur des migrants et des exilés quel que soit leur statut
RECHERCHE, INNOVATION, SCIENCES ET SOCIETE
- Défendre la liberté académique face aux pressions économiques ou politiques et protéger le statut singulier du savoir scientifique et sa prise en compte par les décideurs publics
- Soutenir une recherche de qualité, intègre, interdisciplinaire et ouverte, qui aide à faire face aux multiples défis de notre époque
- Favoriser une réflexion éthique sur l’innovation, pour préserver l’humain et résister aux dérives d’une société de plus en plus technicienne et déshumanisée
- Intégrer les enjeux de durabilité dans la politique scientifique et promouvoir une éthique environnementale de la recherche
- Nourrir le lien science-société en favorisant la diffusion des savoirs et en abordant de façon non polémique les grands débats sociétaux même lorsqu’ils sont sensibles
VIE INSTITUTIONNELLE ET GOUVERNANCE
- Lutter fermement contre toutes formes de violence et de discrimination au sein de la communauté universitaire
- Porter de façon inconditionnelle attention et assistance aux collègues en situation de précarité, de vulnérabilité ou de difficulté professionnelle
- Réduire l’empreinte environnementale de l’université par des efforts collectifs en plaçant les questions de transition au cœur du dialogue social
- Diversifier les opportunités et les espaces de dialogue et de participation, notamment pour la communauté étudiante, pour orienter les décisions de l’université
- Promouvoir des pratiques réflexives, critiques et délibératives face à la révolution de l’Intelligence Artificielle et aux technologies numériques, qui nous permettent de définir les orientations et la direction souhaitées ainsi que les moyens pour y parvenir
- Favoriser la transversalité et le décloisonnement entre les composantes de l’établissement pour développer l’interdisciplinarité et les collaborations entres les différents secteurs de Formation et de Recherche
- Consolider la construction de l’alliance européenne ENLIGHT et aider toute la communauté à se saisir des opportunités qu’elle offre
Vous connaissez peut-être…
CA – CONSEIL D’ADMINISTRATION
COLLEGE A
1. Greg Décamps
Professeur des Universités, UF Psychologie – Psychologie de la santé
2. Anne Lehmans
Professeure des Universités, INSPE Bordeaux – Culture et Anthropologie de l’Information
3. Olivier Sandre
Directeur de Recherche CNRS, Département Sciences de la matière et du rayonnement – Chimie des polymères organiques
4. Elizabeth Gardère
Professeure des Universités, IAE – Communication et Organisations
5. Jean-Arthur Micoulaud-Franchi
Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, UF Médecine – Physiologie et Psychiatrie
COLLEGE B
1. Vincent Robin
Maître de conférences HDR, INSPE Agen – Génie mécanique
2. Géraldine Tapia
Maître de conférences HDR, UF Psychologie – Psychopathologie
3. Laurent Azéma
Maître de conférences HDR, UF Pharmacie – Chimie Physique
4. Florence Kremer
Maître de conférences, IAE – Sciences de Gestion
5. Alain Sempey
Maître de conférences, IUT Génie Civil & Institut de Mécanique et Ingénierie – Performance énergétique
6. Sophie Carrère
Conseillère Principale d’Education, INSPE Bordeaux
COLLEGE C
1. Emilie Marches
Chargée de communication, Service d’Appui à l’Animation Scientifique des Départements
2. Jean Dubourg
Ingénieur de Recherche, Pôle Patrimoine et Environnement
3. Adelyne Garcia
Responsable Administrative et Financière,UF Mathématiques
4. Carlos Mendoza-Palomares
Chef de service, Direction de la Planification Stratégique
5. Fabienne Scudeler
Gestionnaire Administrative et Financière, Service Maintenance Technique
6. Jean-Marc Dubois
Chef de service, Service Audiovisuel et Numérique
CFVU – COMMISSION FORMATION ET VIE UNIVERSITAIRE
COLLEGE A
Domaine Sciences & Technologies
1. Antoine de Daruvar
Professeur des Universités, UF Biologie – Bioinformatique
Domaine Santé
1. Jean-Arthur Micoulaud-Franchi
Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, UF Médecine – Physiologie et Psychiatrie
Domaine Lettres, Sciences Humaines et Sociales
1. Anne Lehmans
Professeure des Universités, INSPE Bordeaux – Culture et Anthropologie de l’Information
2. Pierre Escudé
Professeur des Universités, INSPE Bordeaux – Didactique des langues
COLLEGE B
Domaine Sciences & Technologies
1. Alain Sempey
Maître de conférences, IUT Génie Civil & Institut de Mécanique et Ingénierie – Performance énergétique
Domaine Lettres, Sciences Humaines et Sociales
1. Sophie Carrère
Conseillère Principale d’Education, INSPE Bordeaux
COLLEGE C
1. Nicolas Méadeb
Chef de bureau, Direction des Relations Internationales
2. Adelyne Garcia
Responsable Administrative et Financière, UF Mathématiques
3. Jean-Marc Dubois
Chef de service, Service Audiovisuel et Numérique
4. Emilie Marches
Chargée de communication, Service d’Appui à l’Animation Scientifique des Départements
CR – COMMISSION DE LA RECHERCHE
COLLEGE 1
Domaine Lettres, Sciences Humaines et Sociales
1. Elizabeth Gardère
Professeure des Universités, IAE – Communication et Organisations
COLLEGE 2
Domaine Lettres, Sciences Humaines et Sociales
1. Géraldine Tapia
Maître de conférences HDR, UF Psychologie – Psychopathologie
COLLEGE 3
Domaine Lettres, Sciences Humaines et Sociales
1. Julie Pascau
PRCE, INSPE Pau – Sciences de l’Information et Culture du Numérique
COLLEGE 5
1. Didier Lassaque
Ingénieur de Recherche CNRS, Institut de Mécanique et d’Ingénierie
2. Fabienne Scudeler
Gestionnaire Administrative et Financière, Service Maintenance Technique
3. Jean Dubourg
Ingénieur de Recherche, Pôle Patrimoine et Environnement
Parce que vous êtres nombreux à nous adresser des questions, voici les réponses que notre collectif peut vous apporter et ainsi conforter votre choix de voter pour nos listes lors des élections à venir.
Questions sur… le collectif et sa démarche
Pourquoi ce nom “Plus rien à faire ?” ?
On a hésité avec « Tout reste à faire ! », mais nous ne voulions effrayer personne !
Plus sérieusement, ce clin d’œil se veut mobilisateur et c’est une question, pas une démission. Bien au contraire, on ne baisse pas les bras, on retrousse nos manches.
Votre nom de liste prête à sourire, mais quelles sont réellement les expériences et compétences de vos candidats ?
Parmi nos candidats, nous comptons des personnels ayant déjà exercé (entre autres !) des fonctions de Direction de Faculté, de Présidence de Société Savante, de Vice-Présidence d’Université, de Direction d’équipe de recherche, de Responsabilité de Formation, de Direction de Service Administratif, etc. Nos candidats ont également des mandats électifs actuels ou passés dans des instances de l’Université (facultés, unités de recherche, collèges, conseils centraux) ainsi que des instances nationales (CNU, CNESER).
Qu’est-ce qui vous distingue des autres listes ?
En comparant les différentes professions de foi, on peut constater que nous sommes les seuls à présenter des listes relevant des collèges Enseignants-chercheurs (EC, E, C) rangs A et B et BIATSS dans tous les conseils. Cela reflète simplement la composition de notre collectif. Notre profession de foi se distingue aussi par ses orientations et propositions précises, qui touchent à la fois la formation, la recherche et l’innovation, ainsi que la vie institutionnelle et les relations sociales. Cela illustre notre volonté d’être force de proposition : nous le sommes par exemple sur la réussite étudiante, sur l’accueil des migrants, sur la vigilance face aux dérives techniciennes et celles de la performance, sur l’éthique environnementale de la recherche, sur la transversalité au sein de l’établissement ou encore sur la politique européenne avec ENLIGHT.
Votre positionnement est-il syndical ?
Nous avons un ancrage syndical avec la CFDT et beaucoup d’entre nous sont engagés dans les instances de dialogue social de l’université et accompagnent les personnels à ce titre. Au-delà de cet engagement syndical, nous portons, avec des collègues non syndiqués, des valeurs qui se traduisent par des prises de position et des propositions concrètes sur les missions de l’université en recherche et en formation, ainsi que sur la place de l’université dans la société.
Portez-vous un projet politique et allez-vous présenter un candidat à la présidence de l’Université ?
Nous ne prétendons pas porter un projet politique global pour l’établissement mais nous voulons être acteurs pour porter nos valeurs au sein des instances et faire vivre un collectif indépendamment des échéances électorales. De ce fait, nous ne présenterons pas de candidat à la présidence de l’Université.
Comment proposez-vous d’associer la communauté à la définition des orientations et aux prises de décisions ?
Nous sommes très favorables aux démarches de démocratie participative inspirées des conventions citoyennes. Les objectifs de l’établissement dans différents domaines devraient s’appuyer sur des avis produits à travers ce type de démarche ou toute autre forme impliquant la communauté.
Questions sur… l’élaboration de nos propositions
En quoi proposez vous une démarche originale et comment voulez-vous agir ?
Nous souhaitons jouer un rôle actif dans les conseils centraux afin qu’ils ne soient pas de simples chambres d’enregistrement mais des lieux de débat où l’on contribue à orienter les choix de l’université. Pour que nos élus puissent jouer ce rôle, nous travaillerons de façon ouverte et participative afin d’élaborer, avec tous les personnels qui le souhaiteront, des propositions concrètes sur les grands enjeux qui concernent notre communauté et nos missions.
Comment allez-vous sélectionner les thèmes sur lesquels vous souhaitez être force de proposition ?
Nous souhaitons concentrer nos réflexions et nos propositions sur des thèmes qui touchent largement la communauté universitaire et travailler là où nous pouvons être une force de proposition à la fois créative et réaliste : imaginer des solutions nouvelles, mais toujours ancrées dans les contraintes et les besoins concrets.
Pouvez-vous donner des exemples de tels thèmes en expliquant en quoi ils sont prioritaires ?
Voici quelques exemples qui constituent des priorités à nos yeux, en sachant que cette liste issue de nos premiers échanges de campagne sera enrichie dans les prochains jours.
Quête de Performance : impacts sur nos missions de service public et sur la qualité de vie au travail
La question de la performance concerne une grande partie de la communauté universitaire car elle traverse toutes nos missions : recherche, formation, gestion, accompagnement, pilotage. Les injonctions à produire toujours plus – plus vite, avec des moyens souvent contraints – génèrent une pression ressentie par toutes et tous.
Cet enjeu est central pour un établissement public : il interroge directement notre capacité à remplir nos missions avec sens, équité et responsabilité. Une recherche ou un enseignement soumis exclusivement à une logique de rendement perd son sens, fragilise les équipes et détériore la qualité de vie au travail.
Il ne s’agit pas de refuser l’idée de performance, mais de la repenser. Les approches actuelles, ont certes contribué à structurer une culture de l’évaluation, mais elles réduisent souvent la valeur du travail à ce qui est mesurable, au détriment de dimensions essentielles : intégrité scientifique, impact social, inclusion, soutenabilité des charges de travail, qualité du dialogue interne.
À l’inverse, une conception plus large et plus pertinente de la performance est aujourd’hui portée par la responsabilité sociétale des universités (RSU). Elle invite à intégrer dans l’évaluation les contributions sociales, environnementales, démocratiques et humaines de l’université. Elle valorise la diversité réelle des missions et reconnaît les étudiants et les personnels comme des parties prenantes à part entière.
La question est donc de définir ce qui compte vraiment pour une université publique : replacer les missions au cœur de l’action, garantir la soutenabilité des activités, reconnaître la pluralité des contributions (scientifiques, pédagogiques, administratives, collectives), et proposer des critères d’évaluation qui ne soient pas uniformisés ni déconnectés des réalités du terrain.
C’est ce débat que nous souhaitons ouvrir : celui d’une performance utile, juste, partagée et alignée avec les valeurs et les responsabilités d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Pédagogie universitaire, santé mentale et bien-être étudiant
La relation entre pédagogie et santé mentale des étudiants concerne l’ensemble des composantes de formation ainsi que les services d’appui, car elle touche directement nos missions fondamentales : accueillir, former et accompagner vers la réussite.
Le malaise étudiant, documenté localement comme nationalement, constitue un enjeu majeur pour l’université : anxiété et éco-anxiété, surcharge, isolement, difficultés financières pour assurer les besoins vitaux liés au logement et à l’alimentation, ou encore problèmes d’orientation affectent la capacité des étudiants à apprendre et à s’engager dans leurs études. Une pédagogie plus inclusive, plus réflexive et mieux articulée à l’accompagnement étudiant peut contribuer à réduire ce malaise et à améliorer durablement les conditions d’étude.
Pour les personnels, il s’agit également d’un enjeu de cohérence institutionnelle : on ne peut constater la détresse étudiante sans interroger les modalités pédagogiques, l’évaluation, le rythme des semestres ou les dispositifs de soutien. Ce thème permet d’engager largement la communauté — enseignants, responsables pédagogiques, BIATSS, services de santé, associations étudiantes — dans une démarche concrète au service du bien-être et de la réussite.
Réfléchir et agir collectivement pour une transition ambitieuse et juste
L’empreinte environnementale d’une université engage l’ensemble de sa communauté, car elle concerne l’utilisation des surfaces, l’artificialisation des sols, la performance des bâtiments, les déplacements, les achats, le numérique, les pratiques de recherche et d’enseignement. Chacun contribue à cette empreinte, volontairement ou non, et chacun peut donc participer à sa réduction.
Cette mobilisation individuelle et collective entraîne souvent un questionnement quant à la façon de mener nos activités professionnelles. Elle a donc une incidence sociétale pour l’ensemble des personnels, c’est pourquoi une mobilisation collective est indispensable. Elle répond à un double enjeu :
- Pour l’établissement, il s’agit, grâce à l’engagement de sa communauté, d’agir avec détermination en faveur des transitions pour être à la hauteur des enjeux et donner l’exemple attendu d’une institution publique.
- Pour les personnels et les étudiants, il s’agit de coconstruire une trajectoire crédible, juste et compréhensible, qui tienne compte des contraintes réelles, en accompagnant la communauté pour lever les inévitables résistances à des changements parfois profonds et complexes.
Une forte ambition dans ce domaine n’est possible que si elle est pensée dans sa complexité et portée collectivement. Elle doit reposer sur une répartition équitable des efforts pour être légitime et durable. Associer largement la communauté permettra de construire des solutions pragmatiques adaptées aux réalités du terrain. L’engagement collectif encouragera la gouvernance à adopter des choix ambitieux. Il garantira que la transition ne se fera pas au détriment de certains personnels ou services plus exposés.
Fluidifier la mobilité professionnelle interne
La mobilité interne concerne directement une proportion importante des personnels BIATSS mais aussi, de manière croissante, des enseignants-chercheurs qui souhaitent diversifier leurs missions ou changer d’affectation de recherche. Pour beaucoup, elle représente un levier essentiel de développement professionnel, d’évolution de carrière et de qualité de vie au travail.
Aujourd’hui, les mécanismes de la mobilité sont bloqués par différents facteurs : complexité et manque de lisibilité des procédures ; rigidité des fiches de poste ; contraintes opérationnelles des services qui fonctionnent en flux tendu ; déficit de valorisation de la mobilité dans les parcours, etc. Cette situation entraîne démotivation, sentiment d’impasse professionnelle et, au final, une perte de compétences et d’engagement pour l’établissement.
Fluidifier la mobilité est donc un enjeu stratégique : cela permettrait de mieux utiliser les talents, de favoriser les trajectoires choisies, d’adapter les services aux évolutions des missions et de renforcer l’attractivité de l’université. C’est aussi une question de justice et de reconnaissance pour les collègues qui souhaitent évoluer sans être contraints de quitter l’établissement.
Penser collectivement l'innovation responsable
Les innovations concernent l’ensemble de la communauté universitaire, qu’il s’agisse de celles qui, comme l’IA générative, transforment nos métiers, ou de celles auxquelles participe l’établissement en lien avec ses activités de recherche. Or, si ces innovations peuvent produire des transformations utiles, elles soulèvent aussi des risques en termes d’éthique ou d’impacts environnementaux et sociaux non anticipés.
Cet enjeu est donc crucial pour une université publique : il interroge notre responsabilité vis-à-vis des techniques que nous contribuons à créer ou à diffuser. Les choix en matière d’innovation ne peuvent pas reposer uniquement sur des logiques d’opportunités économiques, de compétitivité ou de productivité. Ils doivent intégrer des critères de soutenabilité, d’éthique, d’inclusion, d’équité et de respect des valeurs du service public.
Associer largement la communauté permettrait de mettre en débat les orientations technologiques, d’éclairer les arbitrages et de rendre visibles les tensions entre bénéfices attendus et impacts potentiels. C’est aussi une façon de reconnaître la pluralité des expertises présentes dans l’établissement et de développer une culture commune de vigilance et de responsabilité.
Nous voulons ouvrir ce débat collectif, inspiré par la pensée de Jacques Ellul, afin de promouvoir une innovation utile, socialement responsable et alignée avec les missions et valeurs fondamentales de l’université.
Relations entre l'université et son territoire : impact, responsabilités, coopérations
Les relations entre l’université et son territoire traversent nos activités quotidiennes : formation, recherche, innovation, culture scientifique, vie étudiante, partenariats avec les collectivités et les acteurs socio-économiques. Une université est un acteur majeur du développement territorial : elle forme les futurs professionnels, contribue à la vitalité économique, influence les politiques publiques et participe à la cohésion sociale.
Cet enjeu est particulièrement important dans un contexte où les attentes de la société vis-à-vis des établissements publics d’enseignement supérieur s’intensifient : attente de solutions aux enjeux globaux, de réponses aux besoins en compétences, de participation au débat public. Comprendre l’impact territorial de l’université implique de penser nos missions dans une perspective plus large : comment nos choix institutionnels façonnent-ils le territoire ? Quelles relations construire avec les collectivités, les associations, les entreprises, les citoyens ?
Associer la communauté à cette réflexion permettrait d’identifier ce que l’université apporte réellement au territoire, mais aussi ce qu’elle pourrait faire autrement ou mieux. Cela revient à interroger nos priorités, la soutenabilité de nos partenariats, la circulation des savoirs, la place de la science dans l’espace public et la façon dont les étudiants et personnels vivent le territoire.
Nous souhaitons une université pleinement actrice de son environnement, consciente de ses impacts, engagée dans son territoire et fidèle à ses missions de service public.
Autres questions
Votre démarche est-elle éphémère ?
Non. Notre démarche s’inscrit dans la durée. Les élections sont une étape, mais notre objectif est de construire une dynamique collective capable d’élaborer des propositions solides, nourries par la diversité des points de vue de la communauté. Nous voulons que cette méthode – ouverte, participative et fondée sur la réflexion partagée – continue après les élections, quel qu’en soit le résultat. Notre engagement vise à renforcer durablement la capacité d’initiative et de proposition au sein de l’université.
Pour ou contre l’utilisation de l’IA générative ?
Nous ne sommes pas hostiles à l’utilisation de l’IA générative, à condition que son usage soit régulé pour prendre en compte ses impacts environnementaux et sociaux. Comme pour toute innovation, son emploi doit être justifié par une contribution réelle à la qualité de la recherche, de l’enseignement ou du service rendu. Nous sommes opposés aux usages « gadgets » ou trop énergivores au regard des bénéfices obtenus.
Au-delà de ses impacts environnementaux, l’IA générative comporte des risques : dépendance technologique et perte de compétence, opacité des modèles, biais des production, atteinte à l’intégrité scientifique, pression accrue sur la productivité des personnels, atteintes potentielles à la vie privée. Notre position est donc de promouvoir une sensibilisation et une réflexion collective sur ces usages, afin de mettre en place une régulation qui protège nos missions et nos valeurs.
Pourquoi votre attachement à Enlight ?
ENLIGHT (alliance européenne de 10 universités dont notre établissement fait partie) est une opportunité majeure : ouverture internationale et interculturalité, mobilité étudiante et enseignante, projets communs en recherche, en formation et innovation pédagogique. Mais c’est surtout un espace où l’on peut réfléchir différemment, comparer nos pratiques et apprendre d’autres universités. Nous y sommes attachés parce que cette alliance peut renforcer notre capacité à innover dans la formation, la recherche et surtout dans la transition écologique et sociale. ENLIGHT est un levier et doit être une opportunité pour chacun de prendre du recul par rapport à nos pratiques.
C’est quoi l’éthique environnementale de la recherche ?
L’éthique environnementale de la recherche consiste à interroger l’impact écologique des activités scientifiques : consommation de ressources, usage du numérique, déplacements, équipements, production de déchets ou collecte de données. Elle vise à concilier l’exigence scientifique avec la responsabilité environnementale. Cela signifie réfléchir aux choix que nous faisons, aux alternatives possibles et à la manière de réduire nos impacts sans renoncer à la qualité de la recherche. Comme l’éthique en matière d’expérimentation sur l’homme ou sur les animaux, c’est une démarche d’exigence et non une atteinte à la liberté des chercheurs.
